Où va l'apiculture africaine ? Le 49e congrès d'Apimondia, qui s'est tenu à Copenhague, a été l'occasion de répondre à cette question, en montrant les opportunités, les limites et les défis auxquels le secteur apicole africain est confronté aujourd'hui.
L'événement a été marqué par une forte présence africaine, avec des délégations de 23 pays du continent : Afrique du Sud, Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Djibouti, Égypte, Éthiopie, Ghana, Guinée-Bissau, Kenya, Libye, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Nigeria, République démocratique du Congo, Togo, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.
La participation à ApiEXPO a également été forte, avec plus de 10 exposants, et la Tanzanie a remporté la médaille d'or des World Beekeeping Awards pour le meilleur grand stand de la foire.
Malgré ce succès, des obstacles importants subsistent. Les restrictions en matière de visas ont empêché certains pays et certaines personnes d'assister au congrès, limitant ainsi la participation. Les exposants ont également rencontré des difficultés, notamment en raison de l'obligation de payer les frais d'exposition un an à l'avance, une contrainte qui a réduit la présence d'autres entreprises et associations africaines.
Pour les délégations africaines, le cœur du 49e Congrès a été constitué par deux tables rondes clés. La première, organisée par l'Afrique du Sud, s'est concentrée sur les défis et les opportunités liés à l'ouverture de canaux commerciaux avec l'Union européenne. La seconde, la table ronde sur l'Afrique, a passé en revue les activités et les projets menés par la commission régionale d'Apimondia pour l'Afrique.
qui a également confirmé David Mukomana dans ses fonctions de président.

La table ronde sur l'Afrique a rassemblé des délégués de tout le continent et d'autres parties du monde, soulignant comment l'apiculture émerge rapidement comme un puissant moteur du développement rural, de la conservation de l'environnement, de l'autonomisation des jeunes et de la coopération régionale. Dans de nombreux pays africains, les projets apicoles aident déjà les communautés marginalisées, y compris les personnes handicapées, à améliorer leurs moyens de subsistance.
Des exemples concrets sont venus d'Afrique de l'Est, où des projets au Kenya ont montré comment des jeunes sont formés et soutenus pour devenir apiculteurs. Ces initiatives créent de nouvelles opportunités de revenus, réduisent la vulnérabilité sociale et redonnent de l'espoir, en particulier aux jeunes femmes victimes de pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines.
L'importance de la coopération régionale et des stratégies axées sur la jeunesse a également été soulignée par les expériences menées en Afrique de l'Ouest. Dans cette région, l'apiculture a été identifiée comme une réponse pratique au chômage et à la migration, offrant des opportunités locales grâce au miel, à la cire d'abeille et à d'autres chaînes de valeur basées sur les ruches.
Les institutions publiques sont apparues comme un autre facteur clé. Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle crucial dans la création d'environnements favorables aux petits exploitants agricoles grâce à des politiques de soutien, au développement des infrastructures et à l'engagement politique. Ce soutien peut contribuer à transformer l'apiculture d'une activité de subsistance en une industrie rurale durable.
La protection de l'environnement et la conservation des abeilles étaient les thèmes centraux du marathon Nyuki, une initiative destinée à sensibiliser le monde à l'importance des abeilles et des pollinisateurs, chaque coureur étant considéré comme un “pollinisateur du changement”. Le marathon de Nyuki, qui n'était à l'origine qu'un simple événement, est devenu un mouvement continental associant le sport, la sensibilisation et l'action environnementale, la prochaine édition étant prévue au Zimbabwe.

Une grande attention a également été accordée aux connaissances indigènes. Des études sur les utilisations traditionnelles du miel dans les sociétés africaines ont révélé sa profonde valeur culturelle et médicinale, attestée dès le XVIIe siècle. Les participants ont souligné le besoin urgent de documenter et de valider scientifiquement ces connaissances afin qu'elles puissent contribuer à l'apiculture moderne et aux systèmes de santé.
La table ronde sur l'Afrique s'est achevée sur une vision tournée vers l'avenir : L'Afrique que nous voulons - une proposition de plan stratégique de 25 ans pour l'Afrique qui implique l'apiculture. Ce plan vise à promouvoir l'apiculture durable en tant qu'outil de protection de l'environnement, de résilience économique et d'autonomisation des communautés sur l'ensemble du continent.
Pour l'avenir, les principaux événements à venir sont les suivants :
- Sommet de la jeunesse, Nairobi, Kenya - début mai 2026
- Marathon de Nyuki, Harare, Zimbabwe - mai 2026
- 4ème symposium régional africain Apimondia, Kampala, Ouganda - Août 2026
- Salon du miel de Tanzanie - octobre 2026
Le prochain rendez-vous sera le 50e congrès d'Apimondia à Dubaï en 2027.


